A gauche, à droite
Depuis que je me suis installée en photographie j'essaie, je me trompe, je recherche, je rencontre, je déchire et je recommence.
A y bien regarder, il y a de belles rencontres et de belles choses qui se sont passées depuis bientôt quatre ans.
On n'a pas chômé. Et finalement, on a avancé !
La "belle" photo
En 2021, alors que je décidais de formaliser mon activité, j'ai été prise d'un "blues" assez caractéristique : Je fais des photos, oui. Il y a des marges d'amélioration de la technique, oui. Il faut affiner son regard et être plus précis sur la composition, oui.
Et que racontes-tu avec tout ton corpus d'images ? Je sais pas.
J'ai fais une "belle" photo ? OK ? Et après ? Quel sens donner à tout cela ?
A l'été 2021, devant cet immensité à explorer j'étais prise de vertige et totalement désorientée. J'avais le sentiment qu'il fallait aller chercher en dehors de la photographie pour que celle-ci prenne sens et qu'elle suscite de réelles émotions, pour moi, pour le public. Mais que faire ?
Une cuirasse sensible
Dans un magazine photo, je tombe sur une page de publicité pour une école proposant des cours de narration en cours du soir. Cela semble correspondre à mon envie et mon élan du moment. J'allais affronter le regard et les mots des autres sur mon travail.
Être jugée dans sa production photo est une affaire assez inconfortable, mais c'est peut-être le meilleur encouragement à aller vers soi, sans fard, sans faux semblants, sans langue de bois. Devenir Artiste-Auteur exige une bonne dose d’honnêteté envers soi-même... et de se forger une cuirasse !
C'est le chemin que j'ai choisi, pour me sentir bien, me sentir mieux. On est bien loin de la photo à cet instant. On est plus face à son psy intérieur que derrière son appareil. Toutes les expériences de la vie sont propices à découvrir l'âme qui niche en nous. A bien l'écouter, on pourrait se connecter à plus grand que soi.
"Travaille ta posture !"
Alors à la rentrée 2021, j'ai plongé dans le grand bain. On se cogne, on boit la tasse, on a peur, on a des satisfécits, on se prend des vents, on prends des prix, on surfe des vagues aussi inattendues qu'inouïes.
C'est l'inspiration qui monte, qui tournoie et qui s'en va...
Essaie encore ! Écoute encore ! Regarde encore !
Travaille encore ! Postule encore ! Démarche encore !
L'artiste est un fainéant qui travaille 90 heures par semaines à qui on demande d'être le premier mécène de l'accès pour tous.tes à la culture.
Être artiste ressemble pas mal à un sport qui demande à la fois souplesse, décontraction, tonicité et équilibre comme le ski nautique, l'aviron ou le snowboard ! C'est une question de posture et d'équilibre cher ami !
Cette page documente sous forme de journal "In Intimo" la découverte du labyrinthe créatif.
2022
- Depuis Octobre 2021, je suis les cours en narration de BLOO à Lyon. C'est un cycle qui dure une année scolaire. Je découvre enfin les rudiments du langage narratif en photographie. Jusque là, je raisonnais par image isolée. De belles rencontres se font et je découvre comment d'autres envisage leur travail.
C'est très stimulant.
- L'exposition de fin d'année devait porter sur mon projet WEEMEN PROJECT. Mais je bute sur l'angle traitement, sur la position narrative. Définitivement pas prête malgré de nombreuses photos déjà faites.
- C'est finalement Juan-les-Pins qui me donnera l'impulsion honnête et sincère pour un sujet autour des souvenirs d'enfances revisités à l'âge adulte. La décision est prise en février.
- Entre février et juin, je crée REMANENCE que je présente lors d'une exposition de 2 jours à Lyon en juin 2022. Sous l'oeil un peu circonspect de la photographe qui nous accompagne, je m'essaie à un rudiment de film photo. Finalement je ne garderai que la bande son en accompagnement de la série accrochée.
- Lors des trajets vers Lyon, je découvre que quelque chose m'interpelle sur la route. Je m'arrête, je me pose et je comprends qu'un travail au long cours est en train de naître.
- Durant l'été, je me lance dans l'éditing de mes photos faites en 2017 lors d'un séjour à Hokkaido. J'avais alors conçu SHIBARERU comme exposition à portée purement esthétique. Mais il me semblait que je n'avais pas du tout exprimé ce que j'avais vécu entre 2016 et 2017.
- En parallèle au travail d'éditing, je me documente pour mieux comprendre les méandre de mon propre parcours. Je lis des essais, des articles. J'écoute des émissions. J'essaie de mettre en mot ce parcours pour mieux le mettre en images.
- En septembre, sur les 3000 photos de départ, j'en avais isolé 90. Après plusieurs rencontres, plusieurs échanges, j'arrive à un corpus de 20-30 photos. La note d'intention est prête.
- Comme traitement, je voulais depuis le début un noir et blanc assez dur, assez granuleux. Un genre d'argentique à 1600 ISO. J'ai conçu mon grain moi-même après des tests en labo.
- Un autre projet commence à germer durant l'été. Dans la torpeur du mois d'août me vient l'envie de documenter un autre espace intime à l'image de REMANENCE. C'est probablement pendant une de ces nuits que j'ai entendu dans un rêve se prononcer le lieu où les étoiles filaient. A suivre...
- Durant cette phase estivale, j'ai découvert le travail de scénographie et de production d'exposition. En bénévole dans une association, j'ai encadré, accroché, aligné les photos des autres. J'ai beaucoup appris de cette phase. Y compris sur le plan humain dans la photo.
- En octobre 2022, ma série sur mon voyage à Hokkaido est enfin prête. J'ai décidé de l'appeler DASSO-HEI en référence à mon changement de vie intervenu en 2016.
- La Médiathèque de Bagnères-de-Bigorre me sollicite à la fin du mois d'octobre pour une expo-conférence qui devient une ESCALE JAPONAISE. C'est une chance inattendue de faire revivre mes photos faites entre 2010 et 2019.
- En fin d'années, il m'a fallu retrouver un travail pour les fins de mois.
2023
- L'exposition DASSO-HEI est sollicitée par la médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières. C'est une surprise totale. Avec mon nouveau travail, la photo était partie en sommeil profond. Ce projet m'a finalement occupée de février à juin.
- Reprenant l'élan de 2021 et 2022, je me suis remise à envoyer de nombreux dossiers de candidature pour cette série, notamment à Saint-Genest-Lerpt, Besançon, Clermont-Ferrand.
- Il a malheureusement fallu trancher entre Besançon et Clermont car les évènements se passaient aux mêmes dates.
- J'ai eu la joie d'être finaliste et faire la présentation de DASSO-HEI à la session #2 de Bordeaux en avril.
- Dans ce moment privilégié, j'ai pu découvrir les membres de l'association FREELENS. Parmi les autres candidat.e.s, j'ai fait la rencontre marquante de CENDRE.
- Fin mai, j'exposais un extrait de ESCALE JAPONAISE dans le cadre du 6ème festival "La Pangée" cette fois dédiée au Japon.
- Début juin, un extrait de DASSO-HEI était présenté à Saint-Genest-Lerpt.
- J'étais présente à la soirée BLOO des cours du soir pour saluer mes camarades lyonnais.e.s. Rencontre de Sylvie Varium.
- J'ai participé début juillet à l'ouverture des Rencontres d'Arles. J'y ai montré mon portfolio DASSO-HEI. J'ai participé à de nombreux vernissages et projections dont les nuits de l'année et la soirée ARTE. Durant la semaine, CENDRE a été ma "canne blanche" pour cette première fois dans l'univers de la photo d'auteur... le temps pour moi d'y voir plus clair.
- J'ai pu notamment y rencontrer Alexe Liebert et Emilie Arfeuil, entre autres, organisatrices du festival LNP.
- J'ai réalisé UNFRAMED entre août et septembre sur la base de WEEMEN Project et Mon genre de meuf (Sylvie Varium). Nous avons créé le collectif Korpus à cette occasion. Le challenge était de finir le film pour candidater aux LNP avant le 15 septembre. Comme ça... pour voir.
- En septembre, me voilà sociétaire de la SAIF et titulaire d'un compte sur SAIF IMAGES afin de rendre visibles certaines photos pour les professionnels de l'image comme les magazines, les éditeurs etc...
- J'ai installé DASSO-HEI à Clermont début octobre. J'y ai donné une interview au journal LA MONTAGNE.
- Alors que j'accroche l'expo à Clermont, j'apprends que UNFRAMED sera projeté à Paris lors des LNP 2023. Parmi 90 films candidats, celui-ci fait parti des 15 finalistes.
- J'ai participé aux Nuits Photos (LNP 2023) début novembre à Paris. J'en suis revenue la tête à l'envers avec le Grand Prix, une parution dans FISHEYEMAGAZINE et 9LIVES.
- J'ai participé aux lectures de portfolio de Boulogne (RPBB) entre novembre et décembre.
- En décembre, la Galerie Echo 119 à Paris sélectionnait "Shiribetsu Lines", un tirage de la série DASSO-HEI pour sa vente de Noël (voir photo plus haut).
Le tirage a été vendu peu avant la fin d'année à un particulier.
2024
- Coup d'envoi pour le projet #CQTLF. Entre Janvier et juin j'ai accumulé près de 6000 prises de vue dans le cadre du projet de film photo (mais pas que...).
- Organisé par Vincent Leclerc, le premier Salon de l'image impertinente s'est tenu à Bordeaux le 3 février. J'ai créé une scénographie spécifique pour la soirée vernissage intitulée "I had a Dream".
- Par l'intermédiaire de M. MASTEMA, entre février et avril, j'ai assuré la couverture d'évènements privés. Des circonstances inédites pour une immersion dans le milieu de la nuit.
- Fin février, UNFRAMED était projeté à Montpellier dans le cadre d'un LNP "Hors les murs" à la Madrediosa.
- Lors de ma visite à Montpellier, j'ai donné une interview pour le compte des Nuits Photos.
- En mars j'ai participé aux Etats Généraux de la Photographie à Paris, au siège de l'ADAGP, afin de comprendre les enjeux actuels de la profession.
- En mai, encore à Montpellier, j'ai suivi la formation de Alexe Liebert pour perfectionner ma pratique en film photo et en montage.
- Durant ce mois de mai, j'ai également exposé ESCALE JAPONAISE à la médiathèque de Mimizan lors du festival FANA MANGA.
- J'ai donné des cours photo en présentiel et à distance. La prise de vue et la post-production étaient les sujets principaux.
- Entre janvier et juin, j'ai assuré la couverture de multiples manifestations et rassemblements : Loi immigration, Journée Internationale du Droit des Femmes, Rassemblement contre la transphobie, Manifestation contre l'ED.
- De même, depuis janvier, j'interviens tous les mois auprès du collectif Noustoutes pour la couverture des Femmages et autres actions "Je te crois".
- Début juillet, même sans avoir de travaux finalisés, je suis allée à Arles pour l'ouverture des Rencontres. C'était l'occasion de voir les nouveautés, prendre du recul, faire le point sur mes motivations et mes projets. C'était aussi l'occasion de revoir des personnes rencontrées durant les 12 derniers mois et de faire un peu la fête.
- Mi-juillet, aux universités d'été du GRAPH-CMI, UNFRAMED était à nouveau projeté non loin de Carcassone dans le cadre d'un LNP "Hors les murs".
- Courant juillet, le Planning Familiale de Gironde a ouvert une campagne de dons. A cette occasion j'ai lancé une vente avec reversement intégral pour le Planning. Un évènement festif sera organisé à l'automne 2024 pour lever plus de fonds. J'organiserai une exposition pour cette occasion.
- UNFRAMED sera à l'affiche de FOTOCOURT, un festival de court-métrage qui se tiendra le 8 novembre à Cestas (33).
- En août, les discussions sur une seconde édition du Salon de l'image impertinente vont bon train. Elle aura lieu le 17 mai 2025 ! J'assurerai la communication du salon. Je prépare une série spécifique pour l'occasion... stay tuned !
- En octobre, je regarde de nombreux films photo car je fais parti du jury de l'édition 2024 des LNP. 16 films sont à départager pour le Grand Prix 2024.
- Depuis le mois de juin, dans la lancée de la formation sur le film photo, j'ai entrepris le projet de transposer DASSO-HEI en court-métrage de 10 à 12 minutes. En plus de UNFRAMED, le film a été projeté aux LNP 2024 à Paris le 1er novembre lors de la soirée d'inauguration.
- Pour l'occasion je suis également intervenue lors d'une table ronde sur la formation au montage.
2025
- Lancement d'une collaboration avec un.e photographe française exposée en 2024, en vue de faire un film photo avec sa série.
- Le travail d'assemblage du projet #CQTLF a commencé avec l'analyse des rush audio, l'éditing photos, la création d'images texturées.
- A l'occasion du TDOV 2025, un court extrait du WEEMEN PROJECT a été exposé au Café Fantoche (du 30/03 au 5/04) avec en prime la projection de UNFRAMED pour l'occasion.
- Le festival LUPA accueillera la première exposition de "SHAMELESS GLITTER" le temps d'une journée.
- Organisé par Vincent Leclerc, le second Salon de l'image impertinente est prévu à Bordeaux le 17 mai 2025. Un extrait de "SHAMELESS GLITTER" y sera montré le temps d'une soirée.
- Le Film DASSO-HEI sera désormais disponible sur la plateforme « The Darkroom Rumour ».
- La série DASSO-HEI a été retenue parmi les 9 finalistes du prix QPN 2025. A la même occasion, UNFRAMED a été diffusé pendant toute la durée des QPN.
- Réalisation du film "BABCIA APRES LES CIGOGNES" en collaboration avec Vanessa Kuzay. Le film est en sélection officielle pour Les Nuits Photos 2025.
- Je suis enfin également sur SOUNDCLOUD pour mettre à disposition les musiques "soundtracks" de mes films photos (UNFRAMED, DASSO-HEI, BABCIA APRES LES CIGOGNES).
2026
- La photo ci-contre sera mise à l'honneur dans le supplément ASTRExJUNKPAGE en 2026.
- Le film "BABCIA APRES LES CIGOGNES" a été projeté à Bordeaux le 28 février au PINK ELEPHANT.
- J'ai eu l'occasion de poursuivre mon travail avec Vanessa Kuzay au travers de petites vidéo destinées à promouvoir son futur livre "APRÈS LES CIGOGNES" qui sortira en juin. Les vidéo sont visibles sur ma chaine Youtube.
- A Toulouse, cette fois-ci, 3 tirages sont en vente à la PETITE GALERIE qui se trouve rue du May, dans le centre ville. Une exposition collective a eu lieu du 3 au 13 mars.
- J'ai eu le plaisir de faire la couverture du chapitre 1 de ENDLESS STORY RECORDS, label de musique électro bordelais au Bien Public. Une nuit de feu à photographier le 6 mars dernier !
- J'étais présente aux assises du Réseau LUX les 23 et 24 mars dans le cadre de ma contribution à la mesure de l'impact socio-économique des festival sur les territoires.
- J'aurai également le plaisir d'assurer le reportage photographique des Rencontres Cinéma Nature début avril à DOMPIERRE-SUR-BESBRE.
- Pour Arles 2026, j'interviens dans l'organisation de la table ronde LUX et j'animerai la sortie de la REVUE INTERSTICE que j'ai fondée avec Frédéric Martin. A cette occasion nous organisons des rencontres pro et une après-midi de lancement.
(Mise à jours le 4 juillet 2026)